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3 novembre 2015 2 03 /11 /novembre /2015 23:21

Icônne et Ô féminin point conne : deux faux magazines, deux styles différents mais un seul message : la presse féminine est une connasse.

L’un caricature et se moque.

L’autre fustige et dénonce.

On rit de bon cœur ou un peu jaune… mais dans tous les cas, ils nous rappellent que les magazines féminins nous font (un peu) de mal.

Mais venons-en au fait : lequel acheter ? Lequel bouquiner sans avoir honte ? Lequel offrir à quelqu’un ?

Réponses : Les deux. Les deux. Les deux.

Au pays des connes…

Mais…. Ça dépend :

  • De votre âge et de votre culture pop (ou de celui de la personne à qui vous souhaitez l’offrir) : personnellement, je ne conseille pas Ô féminin point conne à ceux et celles qui n’ont pas encore dépassé la vingtaine. Mais bien entendu ce n’est pas interdit ! Comme ces articles s’inspirent directement de magazines dont les cibles sont les 25-45 ans… possible que ça ne vous parle pas. A l’inverse, Icônne, écrit par la Youtubeuse Natoo, m’a semblé plus tourné pour les adolescent-e-s, avec (mille excuses pour ce cliché jeune/moins jeune) des faux articles évoquant SMS, selfie, Kim Kardashian, hachtag, Nicki Minaj, thigh gap, food porn, etc.
  • De votre relation actuelle avec les magazines féminins : si vous contiez lire un de ces deux faux magazines entre votre Biba et votre Cosmo mensuels, feuilletez plutôt Icônne qui a l’art de ridiculiser ce que vous aimez lire. Vous trouverez peut-être Ô féminin point conne trop engagé dans une lutte qui ne vous concerne pas ou dont vous ne voyiez pas franchement l’intérêt. Le ton peut sembler très dur pour qui n’a rien contre la presse féminine.
Au pays des connes…
  • De votre expérience personnelle dans le sexisme ordinaire : si le sloggan "du côté des mamans" vous fait réagir peu ou prou, si pour vous le bien-être se vit sans régime minceur, si vous pensez qu’être féminine n’a rien à voir avec le fait de ne jamais sortir sans maquillage et sans brushing… Ô féminin point conne est fait pour vous et vous fera rire (personnellement, l’article « maternité : elles ont dit non », qui reprend et explique les mécanismes utilisés pour faire culpabiliser les nullipares… J’a-do-re ! Et bien entendu, c’est parce que je m’y retrouve).
  • De votre appétence pour le second degré : et je n’utilise pas la terminologie au hasard. Icônne brille par ses caricatures… mais ce n’est pas du second degré. C’est un détournement pur et simple des magazines féminins (et c’est drôle ! Personnellement, la robe haute-couture en papier toilette ou encore le régime gastro me font mourir de rire). Ô féminin point conne, quant à lui, reprend tous les codes du magazine féminin et ses articles reprennent les vrais messages de la presse féminine… avec, en ajout, ce qu’il faut en comprendre (comme le bien connu « La pipe, c’est le ciment du couple » tout droit sorti du magazine Elle). Du coup, c’est un second degré : les articles disent l’inverse de ce qu’ils veulent exprimer et l’on comprend le message qu’ils souhaitent réellement faire passer.

Bref, à vous donc de choisir le style qui vous convient, et dans le doute, achetez les deux ! (ou passez chez moi les feuilleter) ;-)

Bonne lecture à tous et à toutes !

Merci à Nelly de ne pas avoir choisi et de m'avoir offert les deux

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16 septembre 2012 7 16 /09 /septembre /2012 10:54

Sans doute avez-vous entendu parler de la polémique autour de l’article de Elle faisant l’éloge de la fellation. De mon côté, c’est par une amie que j’ai appris la nouvelle et lu le fameux torchon.

 

Je ciblerai mon animosité du jour sur le fait que l’article décrit les femmes refusant la pipe comme atteintes d’ « immaturité psychoaffective ». Comprenez que ces pauvres demoiselles sont tellement attachées aux valeurs familiales qu’elles en deviennent des has been du sexe.

 

Question : pourquoi le fait de conforter des personnes dans leur pratique sexuelle doit-il forcément passer par la culpabilisation de ceux et celles qui ne l’adoptent pas ? En quoi sommes-nous obligés de rendre pathologique le fait de ne pas faire de pipe pour rassurer ceux et celles qui le font ?

 Magritte-La-trahison-de-image.jpg

Alors que l’article reconnait l’égoïsme et le narcissisme de certains hommes qui ne conçoivent pas une relation sans turlutte, les chroniqueurs cautionnent ce genre de machisme en dégradant celles qui (tout simplement) n’aiment pas ça.

 

Ma réplique est simple, existe-t-il une pratique purement altruiste imposée aux hommes, sous peine de se voir traiter d’immature psychoaffectif ? (non non le cunnilingus n’est en rien une obligation dans l’inconscient collectif, ni même un moyen de pression dans le couple comme peut l’être une gâterie).

 

Bref, je terminerai sur cette simple question : à quand le doigt dans l’anus obligatoire pour tous les hommes ? Quoi, ça ne vous tente pas ? Bande d’immatures ! Finissez votre Œdipe et on en reparle ! Je vois déjà le titre de l’article de Elle : « la pénétration anale, sauvez votre couple en un claquement de doigts ».

 

 

Merci à Barbara

http://www.elle.fr/Love-Sexe/Sexualite/Dossiers/La-fellation-le-ciment-du-couple-2120880

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13 juin 2012 3 13 /06 /juin /2012 00:14

Lu dans la (très sérieuse) revue Futures, un projet de conception de robots prostituées. Ce pari long terme fantasme le monopole du sexe à Amsterdam d’ici 2050…

 

Ainsi donc la partenaire tarifée idéale résiste aux bactéries et est aseptisée entre deux passes, et comme elle reste un robot, pas de culpabilité d’aller tremper son biscuit dans une boite en fer toute propre, dont on aura au préalable choisi l’aspect, l’âge et l’origine. Votre femme est une suédoise de 40 ans ? Allez donc taquiner un robot asiatique de 16 ans…

 

Les porte-parole du projet (spécialiste de l’industrie touristique et sexologue de leurs métiers) garantissent également des performances sexuelles adaptées aux besoins du client et surtout la fin des trafics d’êtres humains et de la violence faites aux femmes dans ce milieu. De quoi faire rêver…projet toute nuit

 

Cependant, pas de chance pour ceux (et celles) qui voudraient des hommes, ça ne semble pas prévu au programme de conception développement qui a choisi comme cible les hommes d’affaires adepte du tourisme sexuel (genre ceux qui ont des histoires sombres dans des Sofitel ou Carlton…).

 

Tout ceci m’offre un doux sourire amer.

 

Tout d’abord, les arguments concernant la culpabilité des hommes ayant recours à des services tarifés. Il semble logique pour les concepteurs qu’un homme puisse aller se satisfaire au cyber bordel sans que sa femme ne se sente trahie. « Ben oui, c’est un robot, pas une vraie femme ! Avec toi c’est réel, avec elle c’est pour l’hygiène… ». Je reste étonnée de voir une femme directrice d’un tel projet…

 

Et que penser des hommes qui ne connaîtront que le plaisir robotique et qui se retrouveront fort dépourvus devant la vraie chair ? Ceux qui n'ont pas terminé leur Oedipe retrouveront-ils quelque chose de leur maman dans ces androïdes ?


Question aussi, quelle différence entre une prostituée cybernétique et une poupée gonflable ? Et bien, l’entrée au bordel coûtera 10 000 $ !! Et même si nous anticipons une montée du niveau de vie d’ici 2050, gare au manque d’excitation face à une partenaire sexuelle que l’on pourrait assimiler à un grille-pain, une panne de zizi coûterait bien chère (à moins qu’elles ne cachent un cacheton de viagra sous leur langue en fibre de verre…).

 

Enfin, l’utopisme de la régression du trafic de personnes et des violences faites aux prostituées … est-on sérieux ? Les gagnants à mon sens resteront ceux qui proposeront des femmes humaines à moindre coût et dont le trafic ne baissera pas avec une concurrence aussi mal positionnée. Et puis, au moins, les prostituées de chair et d’os ont de la discussion si nécessaire… entre deux paires de claques. Les prostituées automates sauront-elles simuler la peur, la supplication et le rapport contraint, si excitants pour les vicieux responsables du tourisme sexuel ? Et serait-ce un bien que de rendre possible et banal de tels agissements ? Ne serait-ce pas plutôt déplacer le problème et l’accepter comme une normalité ?

 

 

Franchement, croire résoudre les problèmes de trafic et de prostitution malsaine (violence, actes sur mineurs, etc.) avec des robots, en confortant les pervers dans leur comportement et en leur enlevant toute culpabilité, me semble aussi crédible et rempli de bon sens que de croiser Jean-Luc Mélenchon portant du bleu Marine…

 

 

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22 mars 2012 4 22 /03 /mars /2012 21:04

L’histoire a deux ans. Nous sommes en Suède. Un homme, allant passé un entretien d’embauche, refuse de serrer la main de la femme qui le reçoit et ne la regarde pas dans les yeux. Principe religieux. C’est ainsi. Le travail lui est refusé pour cause de sexisme. Il perd ses allocations chômage. Il porte plainte. Le tribunal lui donne raison et lui octroie 6000 € de dommages-intérêts.


c-est-pas-moi-c-est-la-Foi.jpgQuestion éthique: comment choisir quelle liberté passe avant l’autre ? Les principes religieux sont ici prioritaires sur les valeurs de dignité humaine. Devrait-on faire l’inverse ?

 

Pire, si ce refus de serrer la main était dû à un trouble obsessionnel compulsif, la question ne se serait même pas posée. La « maladie » nous déresponsabilise.

 

Question du jour : nos religions et nos croyances peuvent-elles nous déresponsabiliser de nos actes ?

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27 septembre 2011 2 27 /09 /septembre /2011 23:35

« A-t-on encore besoin des féministes ? »

 

Au détour d’un kiosque en gare de Lyon, je tombe (et me fais mal) sur ce titre dans le sommaire d’un magazine. Mon hémoglobine ne fait qu’un tour.

Je tourne les pages, et là, stupeur : « Faut-il donc se battre encore pour les droits des femmes pourtant acquis dans le textes ? ».

 

Et comment !! Mes arguments fourmillent et ma colère gronde pendant que je termine le tour du monde des gazettes…. Tiens ! Voilà une belle réponse à la question ! Je prends une photo pour l’occasion.

 

Photo0611.jpg

 

N’est-ce pas magnifique ? Cette jeune femme affublée d’un costume d’homme trop large pour ses frêles épaules ? Eveiller LE boss qui sommeille en nous fait de nous des hommes ? Belle idée ma foi.

Et puis cette jeune demoiselle ne sait pas porter ses lunettes « de boss » autrement que telle une secrétaire de porno pas chic ?!

 

 

Non mais je rêve…

 

Je feuillette le torchon, quitte à me salir les mains, la recherche et le combat n’ont pas de prix. Une fois plongée dans leur chronique, je découvre finalement un article sur l’auto entreprenariat aillant l’air à la fois instructif et neutre. Encore une fois, mon féminisme exacerbé a eu raison de mon bon sens et de mon flair. Je m’attarde et poursuis le reste du torchon passé serviette mais pas encore nappe de luxe.

 

Tiens, un article concernant la gestion d’une humiliation au sein du travail, intéressant… et paf ! la serviette repasse illico au niveau torchon lorsque je découvre que l’on conseille aux hommes « de ne pas rétorquer à chaud et entrer dans le conflit » et aux femmes « de ne pas sangloter ». La catégorisation des sexes n’était finalement pas loin, mes dons olfactifs ne m’avaient pas trompée.

 

J’accélère le feuilletage de cette « œuvre » et prend conscience qu’il y a très peu d’images de femmes… ah ! en voilà une ! Illustration de l’article « je n’ai aucun charisme ! ». De mieux en mieux…. Je consulte les conseils en gros titres de cet article : « laissez votre corps séduire ». Merveilleux !

 

Les témoignages regorgent dans les reportages, témoignages d’hommes fondateurs d’entreprises ou PDG et d’une seule femme, coach d’entreprise de son état. Les niveaux de responsabilités sont actés, merci bien !

 

Bref, le torchon est désormais tombé au niveau de draps souillés de DSK…

 

Mais il me permet de créer une nouvelle catégorie d’articles : « Femmes de l’être ».

 

Et je commence donc pas ce dur constat : la place de la femme dans le monde du travail, et plus précisément dans celui des « cadres » ne semble constituer qu’un bonbon donné à un enfant pour qu’il se taise. Nous avons fait un caprice en voulant travailler, très bien, c’est cadeau, mais tu ne travailleras jamais comme un homme ma brave dame !

 

Personnellement, je subis encore et toujours des discriminations et des attaques sexistes dans mon boulot : « c’est bien, tu as sorti le décolleté » ou encore « sans blague, habillée comme ça, personne ne t’écoute » (et mon collègue de prendre une photo avec son IPhone pour preuve) et aussi « tu vas nous chercher les cafés ? on n’a pas le temps de faire une pause » (mais de continuer la réunion sans moi, pas de souci).

Et c’est sans compter les blagues salaces et les soirées de séminaire où je suis congédiée pour que ces messieurs aillent dans un club de striptease…

 

Comme cités en début de cet article, nos droits sont sur un papier mais pas dans la réalité. Je reste moins payée que mes collègues et j’apprends que des consultants sont aujourd’hui engagés pour accompagner des entreprises dans la mise en place « d’une organisation des ressources humaines assurant l’égalité professionnelle hommes-femmes ».

C’est une bonne initiative certes, mais j’ai du mal à comprendre la complexité de nous donner le même salaire que nos confrères pour un contrat de travail équivalent, et de nous considérer comme les autres mâles dans notre évolution de carrière, plutôt que de penser sans arrêt à nos ovaires (responsables de l’hystérie et des congés maternité) !

 

Bref, mesdames, j’avoue ne pas savoir par où commencer mais il faut se réveiller et reprendre le flambeau avant qu’il ne s’éteigne complètement !

 

We can do it !!

 

"Toutes les Citoyennes et tous les Citoyens [...] doivent être également admissibles à toutes dignités, places et emplois publics, selon leurs capacités, et sans autres distinctions que celles de leurs vertus et de leurs talents" (Olympe de Gouges - Déclaration des Droits de la Femme et de la Citoyenne - 1791)

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