28 octobre 2011 5 28 /10 /octobre /2011 18:07

Aujourd’hui, analyse légère de la « Petite Sirène » ou le détournement d’un conte dramatique en histoire d’amour romantique et chevaleresque. Rappelons que dans le conte originelle, la brave sirène ne tape jamais dans l’œil de son prince, amoureux d'une autre, et qu’elle choisi de mourir par amour pour lui…

Bref, dans le monde merveilleux de Disney, tout est différent : la belle Ariel (prénom assez nul au demeurant) fait sa crise d’adolescente et quitte le foyer de papa (tiens, mais où est donc maman ?) pour aller courir sur deux pattes et non plus nager avec ses écailles de morue. Ayant charmé son bien-aimé par sa voix, cette dernière lui est malheureusement ôtée par la vilaine sorcière. Mais bien sûr, même muette elle arrive à séduire le prince, notamment en jouant la jeune demoiselle timide, décalée et en détresse, un classique. Après avoir débarrassé le monde de l’immonde Ursula (on remarquera la prouesse technique dans la recherche des noms), tous vécurent heureux, même papounet pourtant fort retissant depuis une heure et demi au monde humain. Tiens, n’y aurait-il pas un message de respect racial derrière tout cela ?

 

petite sireneMais là je vais trop vite.

Premier étonnement : voir une famille sans maman… bizarre pour un Disney, n’est-ce pas ?! Derrière leurs messages subliminaux sur la tradition du mariage et les femmes ne portant jamais de pantalons, se cacherait-il un profond amour de la famille monoparentale (c'est fou le nombre de parents absents dans le monde de Disney)...

Mais que nenni, cette mise en scène (fidèle au conte si ce n'est qu'ici rien n'est précisé sur la mort de maman) est fort pratique pour glisser une autre coutume : celle de voir un papa refuser que sa fille adorée (sympa pour les 6 autres par ailleurs) fricote avec un étranger…

 

Le film est conçu pour que le monde de la mer soit métaphoriquement le monde de l’enfance et celui de la terre le monde des adultes. Preuve dans la célèbre chanson "sous l’Océan" : « Là-haut, ils bossent toute la journée, esclavagés et prisonniers ! Pendant qu'on plonge, comme des éponges, sous l'océan. Chez nous, les poissons se fendent la pipe, les vagues sont un vrai régal. Là-haut, ils s'écaillent et ils flippent, à tourner dans leur bocal. »

Sympa pour les « grandes personnes » tout ceci…

 

Bref, la Petite Sirène est donc un Disney à thème "départ du nid". La morale de fin l'illustrant parfaitement :

     Le Conseiller du Roi  : « Il faut laisser aux enfants la liberté de vivre leur vie »

     Le Roi : « Il ne me reste qu’un seul problème à régler : comment vais-je supporter son absence ? »

C’est pas mignon et rempli de sentiment, tout ça ?…

 

Presque aussi mignon que le bisou de fin entre la sirène et son prince, bisou qui enchaîne directement sur leur mariage. Car oui, ici on tombe amoureux en une voix, on embrasse en trois jours, on se marie dans l’heure et on reste ensemble « pour la vie » !!

 

Conclusion, en 1989, le message était : « fait ta crise d’ado, c’est ton droit… quitte la fête, prends tes responsabilités… et après un chaste baiser, marie-toi ! »

 

Petit détail avant de vous laisser repartir à de meilleures activités, un extrait de la chanson d’Ursula la sorcière, qui explique alors à la jeune sirène qu’elle n’aura pas besoin de sa voix pour séduire son Prince : « Tu as de l’allure, une frimousse d’ange et ne sous-estimons surtout pas l’importance du langage du corps. Ah ! Je peux dire que les humains n’aiment pas les pipelettes, qu’ils pensent que les bavardes sont assommantes ! Que lorsqu’une femme sait tenir sa langue elle est toujours bien plus charmante, car après tout à quoi ça sert d’être savante ?! En plus, ils ont une Sainte horreur de la conversation, un gentleman fait tout pour l'éviter. Mais ils seront les rampes aux pieds de la femme réservée. C'est la Reine du silence qui se fait aimer !»

 

Sur ce coup là, je vous laisse commenter car moi… je reste sans voix !! ^^

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commentaires

Caroline 30/10/2011


Vivi,
Développer ce que ton article m'inspire reviendrait à écrire un autre article, et non un commentaire. Surement parce que maintenant je suis vieille, que j'ai beaucoup de recul et d'expérience. Ta
théorie est juste et malheureusement souvent révoltante. Mais quand tu sais qu'une vie ne suffit parfois pas à remettre en question 30 ans d'éducation, comment veux tu qu'en 10 ans, on révolutionne
des réflexes ancestraux ? Comment veux tu qu'en Europe, on réussisse à appliquer des lois quand dans d'autres endroits du monde, une femme a souvent moins de valeur que le chameau qu'on élève ?
Et oui, c'est terrible, mais à part quelques rares exceptions près (ton homme dans doute ?) les paroles d'Ursula sonnent juste...
Je t'embrasse
Caro


Caroline 24/11/2011

Choisir de ne pas faire d'enfant n'est ni une lâcheté, ni un acte de bravoure. C'est une question de lucidité. Il suffit de bien se connaitre. En a-t-on vraiment envie ou pas ? Et est-on bien
conscient que toute sa vie sera remise en question ? Quand on a fait son choix en toute conscience, on peut juste dire que c'est sensé !

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