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9 juillet 2009 4 09 /07 /juillet /2009 23:56

« Ce mec, c’était vraiment un con. »

« Respecte les morts, ne parle pas de lui comme ça ! »

 

Et pourquoi pas ? C’est vrai ça ! Avez-vous remarqué que la bienséance nous interdit de parler en mal de quelqu’un de mort ? Alors comme ça on devra uniquement dire d’Hitler qu’il était végétarien ?!

 

Le sujet me vient à l’esprit car plusieurs personnalités décèdent en ce moment et que mes quelques soirées entres amis se nourrissent de critiques acerbes ou élogieuses sur ces disparus trop tôt ou pas assez vite.

 

Et alors que certain discutaient l’autre soir des mérites ou des disgrâces d’un récent macchabé, je me suis demandée alors : pourquoi quelques vérités ne sont plus bonnes à dire après l’annonce de la mort de quelqu’un, alors que la veille encore on discourait sur ses défauts, ses vices ou ses péchés ? Aurait-on peur par nos discours de l’envoyer aux Enfers ? De corrompre Saint Pierre avec nos venins ? A la réflexion, sans doute.

 

Il existe à mon sens un réflexe humain qui consiste à regretter un disparu. On ne souhaite la mort de personne. Or, se rappeler des choses positives d’un défunt nous permet ainsi de se rassurer : oui, nous avons de bonnes raisons de le regretter, non nous ne lui souhaitions pas une fin (tragique odieu.gifu non).

 

Il existe ainsi une période plus ou moins longue après le décès de quelqu’un où seuls ses mérites seront ravivés afin de vivre le deuil de manière, je dirai, classe, digne et distinguée. Puis, lorsque cette phase est terminée, il semblerait que notre objectivité et nos opinions reviennent à la surface, effaçant nos principes de respect des morts au profit de nos jugements de valeur.

 

Bien entendu, plus la personne est proche de nous, plus ce cycle sera long. Nous ne pouvons empêcher nos mémoires de focaliser sur le peu de choses positives que nous savons du défunt. C’est ainsi que la mère d’un dangereux criminel pleurera la mort de son fils, si jeune et si fragile, si poli et si gentil lorsqu’il avait 5 ans, bien avant sa trentaine meurtrière.

 

Je vous pose donc la question : la souffrance et l’émotion nous font-elles toujours perdre notre objectivité et nos idéologies profondes ?

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commentaires

Dloy 12/10/2009 17:44


La souffrance nous permet de pardonner à cette personne qui n'est plus de notre monde. Je pense que nous avons toujours ce respect des morts. C'est un des moments ou nous arrivons à lui pardonner
une grande partie de ce qu'il nous a fait. Par contre, pour lui, le travail reste à faire puisqu'il aura le jugement dernier et, j'espère qu'il arrivera à pardonner à tous ceux qui ont subis (ou
qui subissent encore) ses actes passés!
Merci pour ce beau texte


Vivi 10/09/2010 00:27


Merci à toi de commenter si justement et sans tabou mes textes. Pas plus tard que ce matin, un chroniqueur, parlant des lapidations encore pratiquées dans certains pays, a conclue le débat en
disant : "ils seront eux aussi, à leur tour, jugés un jour". J'ai pensé à toi... Bises,


Caro 07/09/2009 11:13

curieuse coïncidence, je suis à Bordeaux le week end du 11 au 13 septembre ! Sur mon blog, je modère les commentaires, tu peux m'y laisser tes coordonnées et je ne publierai pas ton commentaire promis !

Vivi 10/09/2010 00:28


Un peu tard mais voici mes coordonnées mail : sylviehenry33@yahoo.fr A très bientôt j'espère, Bises,


Caro 05/09/2009 20:49

Je vis en Touraine à une heure de Paris en TGV. Il y a des comptoirs où on peut philosopher près de chez toi ?

Vivi 07/09/2009 09:38


Bien sûr mais c'est à Bordeaux chez moi ! Ca te fera un sacré voyage. Ceci dit, tu es la bienvenue à la maison pour un week-end !
Sinon, mon boulot rimant avec nombreux déplacements, je suis parfois à Paris si tu veux qu'on s'y retrouve.
Bonne philosophie ! J'espère trouver le temps cette semaine pour écrire un nouvel article :)


Bug 13/07/2009 20:46

Personnellement, je préfère y voir l'influence de la culture, qui dans bien des cas préconise de respecter les morts (que se soit chez les égyptiens, chinois, chrétiens...) ou la peur en se demandant se que les autres diront quand ce sera notre tour (si je me montre respectueux des morts, les vivants le seront quand cela m'arrivera). En étant un peu plus ouvert au pardon on pourrait se demander si une fois qu'une personne est morte et qu'elle ne peut plus "racheter ses fautes" (alors qu'un vivant le pourrait dans une certaine mesure) s'il ne vaut mieux pas baisser les armes et ne se souvenir de que des bons côtés...
Ce n'est qu'un avis...

Vivi 31/08/2009 09:57


J'aime ton avis, "Bug". Je suis encore jeune et aime savoir que le monde peut rimer avec tolérance et pardon. C'est d'ailleurs un des dilemnes liés à la peine de mort : en tuant les personnes, ne
leur enlèvons-nous pas toute chance de rédemption ?


caroline 13/07/2009 13:40

Si tu savais. Même pour une simple anonyme de 96 ans le cirque qu'on peut faire autour de ses obsèques alors que plus personne ne venait la voir dans son mouroir ! Comme dit mon auteur fétiche Grégoire Lacroix : "les enfants se sentent beaucoup plus affligés par le décès de leur parent qu'ils ne se sentaient concernés du temps de leur vivant" ... A méditer aussi : Faut-il mourrir pour devenir quelqu'un de formidable ?

Vivi 31/08/2009 09:50


Tu connais sans doute l'image "become a legend" (ici en t-shirt : http://site.voila.fr/mondemoumoune/capturecran/legend.jpg)... cette carricature provocatrice répond en grande partie à ta seconde
méditationTa première réflexion est plus discutable. Avant de me lancer dans un débat qui me dépasse (car je n'ai aucun parent dans une maison de retraite), je rappelerai les arguments d'une
personne qui voulait me convaincre d'avoir des enfants : "tu le regretteras lorsque tu mourras seule". Faisons-nous donc des enfants pour ne pas être seuls ? Faisons-nous des enfants en espérant
quelque chose d'eux ? Faire des enfants n'est-il pas censé être l'acte ne pouvant être égoïste ?
Grégoire Lacroix a sans doute raison mais peut-on toujours exprimer son amour comme la personne qu'on aime a envie de le recevoir ?... (trouvons-nous ce bar et ce comptoir ^^)


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